Trois-Rivières, ce coin de pays occupé jadis par des tribus algonquines est devenu un des premiers postes de la colonie française et son développement fut confié au Sieur de
Laviolette. En 1650, les premiers colons ont érigé une palissade en bordure du fleuve St-Laurent leur permettant de s’y installer et ainsi débute le développement de la ville vers le nord-ouest
pour ensuite s’étendre sur trois coteaux qui la domineront.
Délaisser les premiers instants de cette ville influencée par des facteurs économiques et géographiques qui lui confèrent des particularités distinctes n’est pas une évidence mais
un vide permettant d’avancer dans le temps pour rejoindre une période ultérieure intéressante. L’agglomération trifluvienne a connu une expansion lente causée par un site accidenté et par la
présence de voisins aux terres fertiles. Les terrasses sablonneuses ne représentent pas l’unique cause de ce ralentissement. Les voies maritimes constituent des barrières
physiques : le fleuve St-Laurent empêche l’étalement vers le sud tandis que la rivière St-Maurice bloque les développements vers les municipalités voisines de Cap-de-la-Madeleine et de
Saint-Louis-de-France jusqu’à l’arrivée d’immenses pièces dans le paysage de la ville, morceaux appelés ponts Duplessis dans les années 1950 et Radisson vingt et un an plus tard, reliant les deux
rives entre elles pour de meilleurs échanges.
À l’opposé, le développement urbain vers l’ouest tarde et est rapidement arrêté par la présence de terres agricoles fertiles sur le territoire de Trois-Rivières-Ouest. Cette
richesse des sols explique également ce ralentissement d’urbanisation dans la municipalité de Sainte-Marthe-du-Cap-de-la-Madeleine.
À cette époque, la ville s’étend vers le nord en suivant la rivière. L’implantation du réseau routier reliant l’agglomération trifluvienne à Shawinigan a transformé un secteur
boisé et inhabité en milieu de vie urbanisé. Cité naissante et bien positionnée pour alimenter sa propre croissance et tenter d’intensifier son rayonnement à l’échelle régionale,
Trois-Rivières devient une ville industrielle. Avec une situation privilégiée et une croissance industrielle importante la cité de Laviolette conservera une triple vocation ; siège de
gouvernement, ville d’éducation et cité industrielle. Mais au-delà de ces caractéristiques positives, ce pôle naviguera entre son émergence et sa fragilité.
La situation économique de Trois-Rivières est demeurée défavorable et à l’aube d’un nouveau millénaire, elle a graduellement repris son souffle. Le phénomène de pauvreté et de
précarité observé dans ces années est le reflet d’un problème de croissance qui s’échelonne sur une longue période. Par chance, la vie à Trois-Rivières a évolué et le pôle a retrouvé un meilleur
bilan économique. Le taux d’activité de la population se relève, le chômage a diminué, les jeunes migrent moins vers les grands centres, des événements majeurs attirent les touristes, le
centre-ville s’est refait une beauté et les citoyens sont satisfaits de leur maire.
Le déclin des activités industrielles lourdes a obligé la ville à diversifier son économie. La conversion du centre d’études universitaire en une succursale de l’université du
Québec a contribué à l’identification de nouveaux axes de développement. Aujourd’hui l’université accueille près de dix mille étudiants annuellement dans des sphères d’études diversifiées,
du génie électrique à la médecine en passant par la vocation de sage-femme. Ce milieu prône l’innovation scientifique, le goût d’entreprendre et le succès.
Encore aujourd’hui, Trois-Rivières mise sur l’éducation, l’animation culturelle et touristique. La ville peut se vanter d’avoir un centre-ville vivant et rayonnant qui accueille
des activités culturelles à l’année dont le Festival international de la poésie reconnu internationalement. De plus, c’est une ville de loisirs et de sports qui présente à chaque année un Grand
Prix automobile. Ce deuxième départ a permis de bâtir une ville toute nouvelle, avec des bases solides du passé. Aujourd’hui, les citoyens et dirigeants disent : « Trois-Rivières,
un passé plein d’avenir. »
Texte tiré de mon projet terminal, dernier travail avant la fin de mon baccalauréat en urbanisme.
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